L’ESSENTIEL DU PACTE

Le Pacte pour un Enseignement d’excellence est le fruit d’un intense travail collaboratif entamé en 2015. Il est fondé sur une ambition commune à l’ensemble des partenaires de l’école : renforcer la qualité de l’enseignement pour tous les élèves.

Où en est-on aujourd’hui ? 

Le projet d’avis du 7 mars du Groupe Central, qui regroupe les principaux acteurs du monde enseignant, va permettre au Pacte de décoller. Ce projet reflète l’accord trouvé entre tous les acteurs, qui ont consulté leur base respective : enseignants, directeurs, Pouvoirs Organisateurs, parents.
Le Gouvernement organise du 21 mars au 15 juin de nombreuses rencontres d’information et de débat pour quenseignants et parents puissent donner leur opinion.
Le Pacte est, depuis le d
ébut, un processus participatif : des milliers de personnes continueront à contribuer aux travaux.
Le Gouvernement et le Parlement se saisiront de tout ce travail pour élaborer un plan d’actions concret et procéder à un phasage dans le temps.

Quand le Pacte sera-t-il d’application ?

Les mesures étant ambitieuses, elles seront étalées dans le temps et aideront les acteurs de terrain à sapproprier le Pacte pour adapter leurs pratiques et leur organisation de travail. Les premières mesures entreront déjà en vigueur dans les 3 prochaines années, à commencer par le renforcement du maternel et l’aide aux directeurs d’école du fondamental. Les élèves concernés ressentiront déjà les premiers effets positifs du Pacte.

Le rythme dapplication des mesures du Pacte prendra en compte le besoin daccompagnement et de formation des équipes éducatives, les évolutions démographiques et limpact sur lemploi. Des moyens spécifiques seront prévus à cet effet et permettront de soutenir au mieux le changement dans les écoles.

Quelles sont les principales mesures et initiatives du Pacte ?

Un renfort massif pour l’enseignement maternel

C’est avant six ans que les investissements en éducation sont les plus bénéfiques.
50 millions seront dégagés pour investir dans le maternel, ce qui permettrait l’engagement de 1100 enseignants, puéricultrices ou encore de psychomotriciens.
Un référentiel (d’où découleront les programmes) fixera de réels objectifs d’apprentissage adaptés au plus jeune âge.
L’obligation de fréquentation fixée à partir de 5 ans est essentielle pour tous les enfants afin de soutenir les apprentissages, en particulier celui de la langue de la scolarité, et la familiarisation à l’école

Un tronc commun élargi et allongé de 3 à 15 ans

En s’inspirant de la réussite de nombreux pays étrangers, renforcer le tronc commun et l’allonger d’un an améliorera le niveau de tous. Le but est de renforcer les savoirs de base et d’assurer un niveau de connaissances plus élevé pour tous les élèves. Le nouveau tronc commun sera pluridisciplinaire et polytechnique afin de permettre une orientation progressive des élèves.

Ce tronc commun prévoit 7 grands domaines d’apprentissage en phase avec notre temps :

  • Maîtriser les langues : français et langues modernes/anciennes
  • Promouvoir les arts et la culture
  • Maîtriser les sciences : math/sciences/techniques et technologies
  • Renforcer l’éveil : sciences sociales, philosophie et citoyenneté
  • Favoriser le bien-être et la santé par des activités physiques
  • Stimuler la créativité et l’esprit d’entreprendre
  • Apprendre à apprendre.

Le tronc commun sera d’abord appliqué en maternelle et aux deux premières années du primaire.
Une épreuve externe certificative à la fin du tronc commun permettra à l’élève de se situer pour choisir entre la filière qualifiante ou de transition. En cas d’échec, l’élève devra recommencer  une année.

Deux seules filières (transition et qualification) de 15 à 18 ans

Le parcours de l’élève est clarifié et simplifié (par ex. une seule filière qualifiante), pour que les élèves et les parents s’y retrouvent.

  • Une filière de transition menant à l’enseignement supérieur
  • Une nouvelle filière de qualification menant à un métier

La filière de transition regroupera l’actuel enseignement général, ainsi que les options de l’enseignement technique et professionnel dont la formation ne conduit pas à la maîtrise d’un métier spécifique.

La nouvelle filière de qualification a pour but d’augmenter le taux d’insertion sur le marché de l’emploi. Il ne s’agit pas d’une fusion du technique et du professionnel, mais d’une nouvelle filière orientée sur les métiers.  Les liens avec le monde de l’entreprise seront renforcés (stages, immersion et alternance) tandis que les collaborations et synergies avec les Régions pourront être favorisées. Si l’élève veut poursuivre des études supérieures, il passera par une 7ème année.

La répartition de l’offre de qualification sur tout le territoire sera améliorée en ciblant les options porteuses d’emploi et mettant fin des concurrences stériles entre écoles et réseaux.
Pour assurer un meilleur suivi formatif des élèves, une généralisation progressive de l’enseignement par modules (CPU) est prévue.

De nouvelles propositions pour favoriser la réussite et élever le niveau des élèves

Le taux de redoublement en Fédération Wallonie-Bruxelles  est le plus élevé de tous les pays de l’OCDE : près de deux fois plus élevé qu’en Flandre et de nombreux pays ont un système éducatif très performant avec un taux de redoublement très bas.
Le Pacte ne prône pas d’interdiction du redoublement, mais de nouvelles stratégies alternatives pour éviter le redoublement, qui a démontré toute son inefficacité.

C’est un travail de longue haleine : le but est de diminuer de moitié le redoublement d’ici 2030.

Mais il n’est pas question de se contenter de diminuer le redoublement sans rien mettre d’autre en place, afin d’assurer un meilleur niveau des élèves.
Le principal levier sera de développer l’évaluation formative tout au long des apprentissages, et de favoriser les pratiques de différenciation et de remédiation.

Des budgets très importants sont prévus  à cet effet :

  • 40 millions pour permettre le déploiement des stratégies alternatives : remédiation et dépassement,
  • 50 millions en maternel pour pouvoir intervenir de façon précoce en cas de difficultés d’apprentissage,
  • 8 millions pour aider à l’apprentissage de la langue française pour les élèves allophones,
  • 2 millions pour l’innovation dans des méthodes pédagogiques innovantes et des outils pédagogiques.
Les rythmes scolaires dans l’intérêt de l’élève

Une modification des rythmes de la journée et de l’année pourrait permettre de mieux respecter le rythme biologique de l’enfant. Cependant, les rythmes de l’école sont étroitement liés à la vie des familles et, avant toute modification, il convient de disposer d’une étude de faisabilité approfondie.

Modifier le rythme de l’année permettrait de veiller à la progression dans les apprentissages : quinze jours de congé en automne et au printemps et réduire les vacances d’été (trop longues, elles entraînent parfois des « pertes » dans les apprentissages). La modification du rythme de l’année irait de pair avec la progression des apprentissages (des cycles d’apprentissage plus réguliers d’environ 7 semaines de cours suivis de 2 semaines de congé).

Des acteurs de l’enseignement mieux soutenus

Des enseignants mieux formés et travaillant en équipe

Les enseignants seront mieux formés : renforcement de la formation initiale, de 1 à 3 jours de formation continuée supplémentaire, adéquation des formations aux besoins collectifs de l’école…
Deux heures de pratiques collaboratives par semaine seront dévolues pour échanger les pratiques et progresser ensemble.
La carrière enseignante sera diversifiée en 3 étapes, en introduisant le statut de professeur expérimenté qui verrait son temps face à la classe réduit pour se consacrer à la coordination pédagogique, à l’aide aux enseignants débutants….
La diversité du travail enseignant sera reconnue par une clarification des composantes de la charge enseignante : face à face pédagogique préparation/correction, travail collaboratif, formation continuée, service à l’école et aux élèves.

Des équipes de direction dotées de moyens pour agir

Les directeurs auront davantage de moyens et de capacité d’action pour assumer leur leadership pédagogique : aide administrative, utilisation plus souple de l’encadrement, engagement et évaluation formative de son personnel, périodes de coordinations pédagogiques à tous les niveaux…
Les directeurs seront revalorisés avec un processus de sélection professionnalisé, une meilleure formation et la possibilité d’un coaching.

Une nouvelle gouvernance : moins d’administratif et plus de pédagogie

Les acteurs de terrain sont confrontés à des tâches administratives chronophages. Le Pacte veut un changement en matière de gouvernance et affecte des moyens en donnant plus d’autonomie aux établissements et en les responsabilisant :

  • 19 millions pour engager des assistants administratifs dans l’enseignement fondamental et secondaire spécialisé
  • 5 millions pour la numérisation du système éducatif
  • 30 millions pour que les enseignants expérimentés puissent se consacrer à la coordination pédagogique

L’ensemble des processus et formulaires administratifs seront revus afin de les simplifier. Les tâches administratives seront mutualisées, en créant des «centres de gestion» ou en favorisant des rapprochements entre écoles.
L’autonomie des équipes éducatives sera renforcée (ex. : les inspections ne sont plus systématiques mais recentrées sur des missions précises). Les équipes seront évaluées sur la base d’objectifs qu’elles se seront donnés dans le plan de pilotage. Si elles ne les atteignent pas, un accompagnement spécifique sera prévu.

Ce plan de pilotage sera élaboré par l’établissement avec les équipes pédagogiques. Au sein de l’Administration, des Délégués aux contrats par objectifs (DCO) seront chargés de dialoguer avec les écoles en vue d’assurer la conformité des plans de pilotage aux objectifs généraux du système et en vue de les évaluer.
Le rôle de l’inspection évoluera vers une mission d’audit et de diagnostic des écoles où des difficultés se posent.