DECLARATION DU 22 JUIN SUR L’AVENIR DU PACTE

Déclaration commune des représentants des acteurs de l’enseignement

Au moment où les discussions étaient en cours pour constituer une nouvelle majorité à la Fédération Wallonie-Bruxelles, les représentants des fédérations de pouvoirs organisateurs, des organisations syndicales et des fédérations d’associations de parents qui ont patiemment, pendant deux ans, co-construit le Pacte pour un enseignement d’excellence ont voulu réaffirmer clairement que face aux constats largement documentés dans le cadre de l’état des lieux intégré à l’avis n°1 du Pacte, les mesures à mettre en œuvre pour améliorer les résultats de notre système scolaire sont systémiques et donc complexes.

Une telle réforme systémique doit s’inscrire dans la durée pour pouvoir produire ses effets. Elle nécessite qu’un cap puisse être défini et maintenu sur plusieurs législatures. Elle ne peut donc, comme les précédentes tentatives de dépasser les constats précités, être tributaire des changements de majorités parlementaires.

Dans ce contexte, les représentants des fédérations de pouvoirs organisateurs, des organisations syndicales et des fédérations d’associations de parents sont conscients des craintes légitimes que le Pacte suscite quant à la faisabilité des réformes qu’il préconise. Ils considèrent que ces craintes doivent être entendues. La recherche de l’adhésion des acteurs de l’école doit être une préoccupation constante dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte pour un enseignement d’excellence. Et celui-ci ne peut en aucun cas être considéré comme un plan d’action figé qui confisquerait tout débat démocratique sur les réformes à mettre en œuvre pour améliorer notre enseignement pour les 15 années à venir.

Toutefois, même si des modalités de concrétisation des mesures du Pacte restent à négocier et n’ont pas encore fait l’objet d’accords, les représentants des fédérations de pouvoirs organisateurs, des organisations syndicales et des fédérations d’associations de parents considèrent que l’avis n°3 constitue la feuille de route permettant de mener sur la durée la réforme systémique dont notre système scolaire a grandement et urgemment besoin.

Cette déclaration appelait les partis d’une éventuelle nouvelle majorité en Fédération Wallonie-Bruxelles d’inscrire leur action de réforme de l’enseignement dans ce cadre et de s’engager à mobiliser les moyens nécessaires pour mettre en œuvre les objectifs que le Pacte contient dans le cadre du phasage budgétaire et temporel prévu. Tout cela, en accordant l’attention nécessaire au maintien de l’emploi, à la dimension sociale du changement et à une anticipation adéquate des effets des réformes proposées dans la réalité des écoles et des classes.

Les partis soulignaient que, s’agissant d’une réforme systémique, toute remise en cause d’un élément qui fait partie des équilibres du Pacte pour le court, le moyen ou le long terme revient à remettre en cause l’existence du Pacte pour un enseignement d’excellence lui-même. A cet égard, il est exclu pour les organisations qui ont co-construit le Pacte pendant deux ans de rouvrir leurs discussions et de repartir dans la recherche de nouveaux équilibres.

Ils insistent en outre sur les liens indissociables qui existent entre la mise en œuvre du Pacte et la réforme en cours dans la formation initiale des enseignants, qui en constitue une condition indispensable.

Enfin, les représentants des fédérations de pouvoirs organisateurs, des organisations syndicales et des fédérations d’association de parents insistent pour que le Parlement et le Gouvernement adoptent sans attendre les textes et l’ajustement budgétaire qui devaient permettre la concrétisation des premières mesures du Pacte à la rentrée scolaire 2017 (encadrement renforcé en maternel, aide administrative aux directeurs du fondamental et du spécialisé, y compris le phasage des plans de pilotage et renforcement des équipes de conseillers pédagogiques) ; ainsi que les autres textes qui devaient être impérativement adoptés sans délais (textes relatifs au cours de philosophie et de citoyenneté, à l’encadrement différencié, à la création de places dans les zones en tension et à la constitution de cellules de soutien pour les établissements d’enseignement supérieur dans le cadre de la réforme de la FIE).

L’urgence à cet égard est absolue. Les acteurs précités insistent enfin pour que les engagements pris soient tenus par rapport au dossier des titres et fonctions et à la conclusion du protocole d’accord sectoriel.

Michel BETTENS, FELSI

Fanny CONSTANT, CECP

Roberto GALLUCCIO, CPEONS

Etienne MICHEL, SeGEC

Eugène ERNST, CSC Enseignement

Joan LISMONT, SEL SETCA

Marc MANSIS, CGSLB APPEL

Joseph THONON, CGSP Enseignement

Masanka TSHIMANGA, SLFP Enseignement

Véronique de THIER, FAPEO

Pascal VAN DE WERVE, UFAPEC

La réaction de Marie-Martine SCHYNS,
Ministre de l’Education

La Ministre de l’Education, Marie-Martine SCHYNS, a pris connaissance de la déclaration commune des acteurs de l’enseignement relative au Pacte pour un Enseignement d’Excellence et à d’autres dossiers importants. La Ministre souhaite les rassurer pleinement.

Le Pacte étant le fruit d’une méthode sans précédent de co-construction entre les acteurs du monde scolaire, il est primordial que son ambition soit la plus largement partagée.
Marie-Martine SCHYNS fera donc tout pour que le Pacte se poursuive dans les meilleures conditions et s’inscrive dans la durée.
Après une adoption en deuxième lecture au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Ministre avait indiqué début juin son souhait que le Parlement se saisisse pleinement des premières mesures prévues (renforcement de l’aide administrative pour les directions du fondamental et meilleur encadrement en maternelles). Ce souhait d’implication du Parlement reste entièrement d’actualité.

Pour ce qui concerne les autres dossiers importants pour la prochaine rentrée scolaire, Marie-Martine SCHYNS continue le travail afin qu’ils soient menés à bien dans les meilleurs délais et que cette rentrée puisse s’organiser dans la sérénité.