Accompagnement personnalisé

Vote du décret sur l’accompagnement personnalisé, pour lutter efficacement contre le redoublement !

 

L’accompagnement personnalisé se met en place dans les écoles

Pour lutter contre le redoublement, la différenciation des apprentissages est un enjeu majeur pour permettre à tous les élèves de progresser. C’est pour cela que le Pacte a mis en mis place « l’accompagnement personnalisé », grâce au décret voté en séance plénière du Parlement le 10 octobre 2018.

L’orientation retenue privilégie le renforcement de l’encadrement durant minimum 2 périodes par semaine pour permettre une prise en charge des élèves plus modulable. Ces moments permettront de faire de la remédiation, du dépassement, des activités en groupes de besoins, de l’apprentissage par les pairs, de la gestion de projet personnel, de l’enseignement à deux enseignants dans la classe, ou encore une organisation en « plan de travail.

58 millions d’euros sont consacrés à l’apprentissage personnalisé, au rythme de 5,6 millions d’euros supplémentaires par an au fur et à mesure de la mise en place du parcours commun.

Le modèle préconisé : « plus de profs que de classes »

Une liberté est laissée aux écoles pour faire des ces moments à encadrement renforcé des moments d’accompagnement de tous les élèves, qu’ils soient en difficulté ou non.

L’école peut choisir, dans une grille relativement classique, de renforcer l’encadrement à certains cours. Elle peut aussi concentrer ces périodes d’accompagnement personnalisé pendant un certain nombre de demi-journées sur l’année.

Le modèle le plus novateur peut être résumé comme suit : « plus de profs que de classes ». Par exemple: tous les vendredis en 1re et 2e heures, les 6 classes de 1res sont mises en parallèle. A ce moment, 9 profs sont disponibles pour prendre en charge les 130 élèves. Les groupes peuvent donc être modulés en fonction des besoins. 5 élèves dans un groupe pour des difficultés identifiées en fractions. 12 élèves qui présentent un test non réussi. 40 élèves qui assistent à une conférence,…

Il s’agit donc d’un modèle dynamique qui prévoit une grande variété de dispositifs pour rencontrer les différents rythmes d’apprentissage des élèves.

Que prévoit concrètement le décret ?

Il propose 2 projets (sur candidatures d’écoles) :

  • janvier 2019 – juin 2020: expérience de soutien de l’apprentissage de la lecture en 3e maternelle, 1re primaire et 2e primaire. Le projet prévoit de doubler l’encadrement durant 4 périodes par semaine pour améliorer l’apprentissage de la lecture, clé de tout le parcours scolaire.
  • année scolaire 2019-20: expériences-pilote au 1er degré secondaire en 2 volets:
    • Volet 1 : création d’heures organiques d’accompagnement personnalisé. L’encadrement sera augmenté de 50% pendant 2 périodes hebdomadaires (ex. : si 4 classes de 1re, 6 profs pendant 2h semaine).
    • Volet 2 : test et développement d’outils didactiques en équipes disciplinaires (français, math, langues, sciences). Les enseignants d’une discipline reçoivent les moyens de tester en classe et d’évaluer des outils didactiques et des pratiques pédagogiques sur les noeuds récurrents qui font échouer nos élèves (ex. : les fractions en math, la compréhension fine de textes en français, la maîtrise de l’oral en langue, etc.)

Tous ces outils didactiques et pratiques pédagogiques font l’objet d’un suivi par les Hautes écoles/Universités qui les valident. Via la cellule de support, ils les diffuseront sur la plateforme numérique de ressources.

Le décret instaure un dispositif pérenne de collaboration entre acteurs et de promotion de l’innovation à travers un organe de pilotage (15 membre issus de toutes les composantes de l’enseignement, une cellule de support et un accès privilégié à la plateforme de ressources).

Vers la fin de la remédiation « après les cours »

Ce dispositif inséré au cœur de la grille horaire permettra d’éviter le système de remédiation « après les cours », vécue souvent comme une simple punition, donnée par un prof « pour compléter son horaire ». Une panoplie d’outils et de pratiques seront déployés, pour laquelle les profs sont formés, au départ des préoccupations du terrain.

Les enseignants seront mieux outillés en diagnostic, en didactique pure, ce qui permettra de comprendre ce qui « cale » dans un apprentissage (remédiation, pratiques de différenciation, intégration des avancées nouvelles en pédagogie, comme les neurosciences…). Les appels à projets permettront de rendre accessibles ces outils validés aux enseignants dans leur classe avec un accompagnement ad hoc.