Un enseignement adapté à chaque élève : l’exemple de Sophie Kaiser (interview vidéo)

Sophie Kaiser est institutrice primaire à l’Athénée Royal Nestor Outer de Virton. Elle a développé, au sein de son établissement, une méthode d’apprentissage qui permet d’adapter l’enseignement à chaque élève. Elle travaille aussi en lien continu avec une institutrice de 3ème maternelle, ce qui permet de mieux accompagner les élèves tout au long de leur scolarité.

Rencontre avec une prof attentionnée et ouverte aux nouvelles pratiques pédagogiques.

Comment mettez-vous en œuvre une pédagogie personnalisée dans votre classe ?

Sophie Kaiser : Dans mon école, on travaille par double niveau. Par exemple, les élèves de deuxième année jouent le rôle de référent pour ceux de première année. Dans la classe, ces référents sont placés à différents bureaux où ils vont pouvoir répondre aux questions des autres enfants. Cette organisation me permet de dégager du temps pour les élèves ayant des difficultés. En plus, au fond de la classe, j’ai installé un petit atelier où je peux m’occuper de chacun d’eux.

Cette méthode ne défavorise-t-elle pas les élèves plus avancés ?

S.K. : Je ne fais pas du nivellement par le bas. Les enfants n’ayant pas besoin d’aide apprennent de manière autonome et développent même d’autres savoirs grâce à des outils que je mets à leur disposition. Dans ma classe, j’ai installé une étagère proposant des activités de dépassement, autocorrectives et faisant appel aux intelligences multiples.

Quel est le bénéfice pour les élèves ?

S.K. : Le bénéfice premier, qui est primordial selon moi, c’est la confiance en soi. Grâce à ce système, aucun enfant ne se sent laissé pour compte, aucun élève ne se sent différent. Chacun aide et chacun est aidé. Un enfant peut être le référent d’un autre dans un contexte et le lendemain, dans un cadre différent, les rôles peuvent s’inverser.

Une telle organisation n’est-elle pas plus épuisante pour les enseignants ?

S.K. : Cela demande énormément de travail en amont, puisqu’il faut préparer les activités. Mais une fois en classe, le professeur dépense beaucoup moins d’énergie. Les enfants sont autonomes et peuvent s’entraider et se corriger eux-mêmes. Le professeur peut donc consacrer toute son énergie aux élèves en difficulté.