Investir d’abord dans l’enseignement maternel

Des investissements très importants vont être réalisés dans l’enseignement maternel dès la rentrée 2017. Objectif principal : recruter 1100 professionnels supplémentaires. Cette mesure phare du Pacte a pour ambition de renforcer  l’école des plus jeunes en un véritable cycle d’apprentissage.

Nous sommes bien loin aujourd’hui de l’école maternelle telle qu’elle était conçue à l’origine : une sorte de garderie destinée à accueillir les enfants des mamans qui travaillent. D’où le nom de « maternelle ». En effet, les progrès effectués ces dernières décennies par les sciences de l’éducation ou encore par les neurosciences ont montré le formidable potentiel d’apprentissage des enfants et la nécessité de développer des connaissances et compétences variées dès le plus jeune âge.

Un cycle d’enseignement à part entière

C’est dans cet esprit,  que le Pacte a prévu un investissement très important pour le maternel. 50 millions d’euros seront consacrés essentiellement au recrutement de 1100 professionnels supplémentaires : des instituteurs et des institutrices, bien sûr, mais aussi des logopèdes, ainsi que des professionnels en puériculture et psychomotricité. Une révision des normes d’encadrement pourra aussi améliorer les conditions de travail en cours d’année

Concrètement, les recrutements débuteraient à la rentrée de l’année scolaire 2017-2018. Ils seraient échelonnés sur trois ans, jusqu’à la rentrée de l’année scolaire 2019-2020. « Nous avons souhaité que les directions d’établissement disposent d’une véritable autonomie dans la gestion de ces recrutements », explique Ghislain Maron, président de l’Association Inter Réseaux des Directeurs d’école (AIDE) et participant actif du Groupe de Travail consacré au maternel lors de la conception du Pacte. En outre, si ces recrutements doivent respecter le cadre posé par l’administration, « on espère que les paliers de recrutement pourront être assouplis », poursuit Ghislain Maron.

Pour le président de l’AIDE, la priorité sera donnée à la stabilisation des professionnels qui travaillent déjà dans des établissements scolaires, mais dont les contrats sont précaires. Le recrutement de nombreux instituteurs et institutrices est aussi une priorité, ainsi d’ailleurs que leur formation.

Compétences fondatrices

Ces professionnels de l’éducation auront pour tâche de préparer les jeunes enfants à devenir des élèves et à suivre leur cursus scolaire primaire et secondaire avec succès, et même avec plaisir ! Les compétences à leur transmettre sont nombreuses : structuration de la langue, conscience chronologique, compréhension à la lecture (lors de la lecture par un maître, par exemple, car il ne s’agit pas à ce stade de leur apprendre à lire), culture de l’écrit, construction de la numération, logique mathématique, langage oral, sensibilisation à la culture et à la musique, psychomotricité et psychomotricité relationnelle en particulier, apprentissage du vivre ensemble, jeu libre et organisé, etc.

L’ensemble des compétences à transmettre aux plus jeunes fera d’ailleurs l’objet d’un référentiel commun à l’ensemble des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Sa conception débutera d’ici peu et sa mise en place est prévue pour 2019.

Réussite et mixité sociale

« Il ne s’agit de ‘primariser’ l’enseignement maternel, prévient Ghislain Maron, mais bien de développer les compétences des enfants dans le cadre d’un accompagnement pédagogique qui tient compte de leurs différences, avec la possibilité d’encourager leurs points forts et de remédier à leurs faiblesses éventuelles. » L’objectif est bien de viser une école de la réussite, où le redoublement et le décrochage scolaire sont drastiquement réduits. Une école de la mixité sociale aussi, où les différences socio-économiques sont aussi atténuées dès le plus jeune âge.

Ceci ne pourra être vraiment efficace que si les enfants sont assidus à l’école.