Rapport des rencontres des directeurs – Juin 2015

Au cours du mois de juin 2015, quatre rencontres avec des équipes de direction des écoles maternelles, primaires, fondamentales, secondaires, ordinaires ou spécialisées ont été organisées à Bruxelles et en Wallonie afin de présenter le processus et la méthode du Pacte.

L’objectif était d’associer les équipes de direction aux travaux et de recueillir leurs premières suggestions à travers des échanges en groupes plus restreints. Ces rencontres ont eu lieu le mardi 2 juin de 9h30 à 11h30 à Mons, le mardi 2 juin de 14h à 16h à Liège, le mercredi 3 juin de 14h à 16h à Bruxelles, le vendredi 12 juin de 10h30 à 12h30 à Namur, en présence de la Ministre Joëlle Milquet.

Ces journées ont rassemblé près de 400 participants.

Voici la synthèse des avis et des suggestions qui ont émané de ces rencontres :

À propos du Pacte en général

Le processus suscite de l’intérêt et des espoirs (on souhaite qu’il permette d’installer plus de cohérence et une vision à long terme sur les réformes), mais aussi des questions sur ses enjeux (l’accent n’est-il pas trop mis sur les aspects économiques ?), sur son « timing » (les nouvelles stratégies qui se dessinent vont-elles disposer du temps suffisant pour se mettre en place ?) et sur les actes qui suivront (seront-ils à la mesure des enjeux ?).

  • Plusieurs intervenants estiment que le Pacte prolonge le décret Missions mais d’une manière plus réaliste, moins ambitieuse et moins couteuse. Ils pensent par ailleurs que l’objectif doit être d’améliorer le système plutôt que de le réformer, et qu’il s’agit notamment d’intégrer encore davantage la pédagogie des compétences en continuant d’y former les enseignants.
  • En ce qui concerne les moyens, d’aucuns souhaitent une revalorisation salariale de la fonction de directeur ainsi que de certaines catégories d’enseignants, en particulier ceux du primaire et ceux des cours techniques et professionnels.
  • Plus fondamentalement, c’est une revalorisation et une reconnaissance de tous les acteurs, à tous les niveaux, qui est largement demandée.
À propos des Savoirs et des Compétences

Plusieurs intervenants s’accordent pour souligner l’importance :

  • de revoir les socles de compétences et de développer dès l’enseignement fondamental un tronc commun polytechnique, qui soit réellement en prise avec les différents   profils et capacités des élèves et leur permette de développer un projet personnel ;
  • de revaloriser les formations et les métiers techniques et manuels, et de valoriser l’enseignement qualifiant ;
  • de développer des outils d’évaluation plus accessibles, ainsi que des outils pour la remédiation (plusieurs évoquent à ce propos l’ASBL « Les p’tits futés ») ;
  • de développer davantage une réelle évaluation formative, moins axée sur les points et sur les bulletins que sur le retour constructif donné à l’élève ;
  • d’associer plus systématiquement l’évaluation à la remédiation ; d’envisager la possibilité de certifier après deux années plutôt qu’au terme de chaque année ;
  • de revoir le niveau d’exigence du CEB, mais à ce propos, les avis divergent : les uns le jugent trop bas, d’autres au contraire le trouvent trop élevé ;
  • d’alléger les contenus des programmes et de limiter le saucissonnage des matières ;
  • de renforcer l’enseignement des langues en immersion, notamment à Bruxelles, en assurant mieux son financement et son encadrement pédagogique ;
  • de renforcer le continuum pédagogique entre les différents cycles et degrés d’enseignement (en particulier entre le primaire et le début du secondaire) en tenant compte du projet de vie du jeune ;
  • de mieux équiper les écoles en outils informatiques (p. ex. par l’apport de tableaux numériques dans le fondamental) et de former davantage les enseignants à leur usage, en veillant à ce qu’il y ait dans chaque école une personne référente pour le numérique.
À propos du Parcours des élèves

Beaucoup d’intervenants insistent pour que l’on veille :

  • à mettre mieux en évidence les valeurs de l’école, de manière à mieux susciter la motivation et les perspectives d’avenir des jeunes ;
  • à favoriser l’accrochage scolaire dès ce niveau, surtout dans un contexte où la scolarité débute à 5 ans, et à rendre obligatoire un suivi individualisé aux 1er et 2e degrés du secondaire ;
  • à accorder également plus d’importance au fondamental afin de pouvoir agir d’abord à la source (vu qu’on ne commence pas une maison par l’étage) ;
  • à développer davantage une culture de l’intégration des élèves à profils spécifiques dans l’enseignement ordinaire, en veillant à mieux y préparer les enseignants et en évitant, à l’inverse, d’envoyer trop vite les élèves vers l’enseignement spécialisé ;
  • à accueillir et intégrer davantage les élèves primo-arrivants en développant des dispositifs adaptés (DASPA) mais aussi, dans le contexte bruxellois, en pensant un système d’intégration dans de nouvelles écoles pour éviter la surpopulation ;
  • à pratiquer davantage une pédagogie différenciée qui accompagne chaque élève dans son plan individuel d’apprentissage (PIA) et respecte au mieux la diversité des profils, en particulier dans l’enseignement spécialisé (références à la théorie des intelligences multiples) ;
  • de favoriser davantage la remédiation immédiate, ce qui suppose que les enseignants soient formés à cette pratique ;
  • à donner des outils aux enseignants pour pouvoir accompagner les difficultés d’apprentissage ;
  • à différencier davantage le nombre d’élèves par classe en fonction des profils (la taille des classes est jugée globalement trop élevée)
À propos des Acteurs de l’enseignement

Les avis convergent pour affirmer l’importance :

  • de mieux valoriser les métiers d’enseignant et de directeur, afin de les rendre plus attractifs ;
  • de (re) donner une entière confiance aux directeurs, de leur laisser suffisamment d’autonomie et de pouvoir d’initiative, de leur donner les moyens d’exercer leur mission dans de bonnes conditions matérielles et administratives ;
  • d’améliorer la formation initiale en donnant davantage de place aux stages, à la gestion de la classe, aux nouvelles technologies, mais aussi à certaines thématiques spécialisées, comme la gestion d’élèves à besoins spécifiques ;
  • d’organiser une formation initiale regroupant les enseignants des différents niveaux ;
  • de favoriser davantage l’accompagnement des nouveaux enseignants ;
  • de stabiliser et de motiver davantage les équipes pédagogiques ;
  • d’augmenter et d’améliorer la formation continuée en la liant à une revalorisation financière, en organisant davantage les formations longitudinales et le suivi des enseignants au sein des écoles (coaching, tutorat, échanges de pratiques) ;
  • d’améliorer l’évaluation des enseignants ;
  • de prévoir dans l’horaire des enseignants des temps de réflexion, de coordination, d’harmonisation des pratiques, d’élaboration de projets inter ou pluridisciplinaires ;
  • de soutenir les projets pédagogiques en cours ;
  • de diffuser davantage les « bonnes pratiques » pédagogiques (en particulier les pédagogies actives, participatives, collaboratives, comme celles qui relient les cours généraux et les cours de pratique professionnelle) et les outils pertinents par un meilleur partage collaboratif (notamment à propos de l’orientation et de la différenciation, surtout lorsque ces pratiques sont situées dans des écoles fondamentales qui accueillent des élèves en difficulté) ;
  • de laisser davantage d’autonomie aux directeurs (y compris dans les écoles annexées) et de les soutenir davantage sur le plan administratif pour leur permettre de dégager du temps, de piloter et accompagner davantage des projets pédagogiques ; une bonne mesure serait de distinguer dans chaque école un directeur administratif et un directeur pédagogique ; une autre serait de permettre aux écoles de partager leur secrétariat et leurs éducateurs entre des niveaux différents (primaire / secondaire) ;
  • de renforcer le nombre et le rôle des éducateurs, en veillant à ce que chaque école dispose d’une personne spécialisée dans la médiation et d’une aide structurelle pour les élèves en difficulté (notamment au fondamental) ;
  • de permettre aux écoles maternelles de recruter une puéricultrice par implantation en la dotant d’un vrai statut ;
  • d’intégrer les logopèdes au sein de l’école et de donner plus de moyens aux CPMS ;
  • de réactiver la formation des délégués des élèves afin de favoriser davantage la participation des élèves au processus démocratique ;
  • de revoir l’horaire et le temps de travail des enseignants en lien avec le rythme des enfants ;
  • d’envisager une planification des devoirs et leçons sur 15 jours
  • de favoriser un encadrement au sein de l’école sur les temps de midi ;
  • de préciser et d’améliorer le rôle des parents, leur implication dans le suivi des enfants à domicile. Ceci concerne tout particulièrement les parents de milieux moins favorisés.
  • de favoriser le dialogue entre l’école, les jeunes et les familles.
À propos de la Gouvernance de l’école

Bon nombre d’intervenants plaident enfin :

  •  pour un pilotage de l’école basé sur des objectifs clairs (p. ex. en termes de pourcentage de redoublants acceptable) ;
  • pour une meilleure répartition des moyens entre les écoles : souhait d’arrêter le saupoudrage et de revoir certaines normes d’encadrement (NTPP) ;
  • pour une simplification administrative de notre système éducatif, notamment par un recours plus important au numérique, et pour un allègement des responsabilités administratives des directeurs d’école, notamment en ce qui concerne le Comité de concertation de base (CoCoBa), le Conseil de participation, la gestion de la sécurité ;
  • pour la création dans chaque école d’une plateforme interne qui comprenne notamment un bulletin informatisé et l’accès à des fiches élèves ;
  • pour que les équipes pédagogiques puissent être stabilisées dès la fin juin afin qu’on puisse donner du sens aux projets et démarrer l’année scolaire dès la rentrée ;
  • pour un remplacement des professeurs malades dès le 5e jour ;
  • pour davantage d’échanges et de collaborations inter-réseaux à tous les niveaux ; pour une meilleure participation des différents acteurs de l’école aux décisions qui les concernent ;
  • pour une meilleure communication et une meilleure information, plus claire, plus directe, plus régulière entre les responsables et les acteurs de l’enseignement ; en outre, dans le réseau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il est demandé que le PO s’intéresse davantage au travail de ses membres.